Cartographies des émissions diffuses
Cette méthode a pour but d’établir un état des lieux qui intègre une campagne de détection des fuites de biogaz avec des mesures de méthane pour répondre au cadre réglementaire des Isdnd :
Cf. arrêté du 15 février 2016 (modifié par l’arrêté du 07 août 2023), article 21 : «..toute installation recevant des déchets biodégradables doit réaliser une cartographie des émissions diffuses de méthane au plus tard deux ans après la première réception de ces déchets.
Si cette cartographie met en évidence un défaut d’efficacité du dispositif de collecte du biogaz, l’exploitant doit mettre en place des actions correctives dans un délai de six mois. Un nouveau contrôle, selon la même méthodologie, doit ensuite être effectué dans un délai maximal de deux ans pour vérifier l’efficacité des corrections apportées. L’ensemble des résultats et des actions correctives mises en œuvre doit être transmis à l’inspection des installations classées dans un délai de trois mois après leur réalisation.
Si aucun défaut d’efficacité n’est détecté, la cartographie des émissions diffuses est renouvelée tous les cinq ans jusqu’à la fin de la période de post-exploitation.
Par ailleurs, l’exploitant doit mettre en place un programme de détection et de réparation des fuites afin de limiter les émissions fugitives de gaz. Il peut utiliser différentes méthodes de détection, telles que le reniflage, l’imagerie optique ou d’autres techniques adaptées. Les résultats des mesures doivent être conservés à disposition de l’inspection des installations classées et intégrés dans le rapport annuel d’activité, accompagnés des informations relatives aux fuites détectées et aux actions correctives mises en œuvre ou prévues ..»
Descriptif de l’intervention
L’intervention est une campagne de détection de biogaz sur une Isdnd. Elle est effectuée en différents points de la zone concernée. Un passage optimisé est mis en place afin de permettre une couverture globale du site.
L’appareil utilisé durant cette manipulation est un capteur à technologie « laser », spécifique à la teneur en méthane. Les mesures sont réalisées suivant un trajet continu avec une faible vitesse de passage, afin d’obtenir une meilleure représentativité.
Pour limiter les perturbations liées aux conditions météorologiques, le matériel est transporté à hauteur d’homme en direction du sol.
À l’issue de cette campagne de détection réalisée au capteur « laser », un autre passage est proposé avec un autre détecteur (capteur à diode Tdls) sur les zones à plus fortes anomalies. Il permet ainsi de préciser la présence de ces anomalies et de caractériser leur importance et leur type.
Cette campagne permet d’apporter un résultat qualitatif, en relation aux concentrations en méthane, obtenues sur chaque point de prélèvement.
Conditions météorologiques requises
Pour réaliser cette campagne, prévue sur une période de plusieurs jours sur site, des conditions météorologiques stables sont souhaitées. Par ailleurs, il est privilégié d’effectuer les manipulations sur un sol sec avec des vitesses de vent faible. Une station météorologique est installée par nos soins à proximité de la zone durant l’intervention. Elle permet de suivre la pression barométrique, la vitesse et la direction du vent, la pluviométrie et la température.
Présentation des résultats
La première étape effectuée au laser méthane nous permet de réaliser un marbré de couleur disponible remis sur un plan référencé. Les couleurs se forment en fonction des concentrations obtenues sur chaque point (en ppm.m) ; du vert/jaune pour les faibles concentrations au marron pour les plus élevées, en passant par les teintes orangées à rouges.
La seconde étape, est basée sur les données relevées au détecteur de méthane. Les points de mesures sont transcrits sur le plan du site afin d’identifier exactement la localisation des anomalies (puce Gps intégrée au détecteur) et ainsi d’observer si les anomalies relevées au laser méthane sont à nouveau marquées avec le deuxième appareil. Par ailleurs, cette manipulation effectuée avec un temps de prélèvement plus long permet de mieux caractériser chaque anomalie et les classer en fonction des niveaux de concentration de méthane obtenues (ppm).
C’est également lors de ce passage que les anomalies vont être marquées pour les repérer plus facilement afin de mettre en place les actions curatives.
Suivi du H2S et réduction des nuisances olfactives
Dans le cadre de la réduction des nuisances olfactives, il est possible de compléter la campagne de détection par une campagne spécifique, orientée vers les composés soufrés, en particulier le sulfure d’hydrogène (H2S).
Ce type de suivi permet :
- D’identifier la présence de molécules odorantes,
- De localiser les zones les plus émettrices,
- Et de proposer des actions correctives ciblées pour limiter leur impact.
Le sulfure d’hydrogène, même à très faibles concentrations (1-10 ppb seuil olfactif), est l’une des principales molécules gazeuses pouvant engendrer des odeurs associées aux installations de traitement de déchets organiques en milieu de fermentation anaérobie (sans oxygène). Grâce à des méthodes de détection spécifiques, il est possible de caractériser avec précision les points d’émission et d’optimiser les dispositifs de captage ou de traitement existants.
Ce travail s’inscrit dans une démarche globale d’amélioration de l’environnement, avec pour objectif final de réduire significativement les nuisances olfactives perçues dans l’emprise du site et son voisinage.
Contrôle des installations
Dans le cadre des interventions de cartographie des émissions diffuses, un contrôle spécifique des installations de biogaz peut être réalisé afin d’identifier d’éventuelles
émissions fugitives et de répondre aux exigences réglementaires en vigueur.
Conformément à l’arrêté du 07 août 2023, complétant l’article 21 de l’arrêté du 15 février 2016 par le V, « l’exploitant met en œuvre un programme de détection et de réparation des fuites visant à limiter les émissions de gaz. Ce programme peut s’appuyer sur différentes méthodes de détection, notamment le reniflage ou d’autres techniques adaptées ».
L’ensemble des installations est ainsi contrôlé à l’aide d’un détecteur de méthane, permettant de mesurer localement les concentrations de CH 4 au droit des équipements (canalisations, brides, vannes, puits, surpresseurs, etc.).
Ce contrôle doit figurer dans le rapport annuel et être tenue à disposition de l’inspection des installations classées. Il apporte une vérification ciblée des installations, contribuant à la maîtrise des émissions de méthane, à l’amélioration continue des performances environnementales et au respect des obligations réglementaires.
Intervention par drone – Complémentarité et précision
Dans certains cas, notamment lorsque le terrain présente des contraintes d’accessibilité la cartographie des émissions diffuses de méthane peut être réalisée ou complétée par l’utilisation d’un drone équipé d’un capteur laser CH4.
Cette approche permet de gagner en efficacité opérationnelle, pour l’analyse des fuites sur des surfaces instables ou à très fortes pentes (voir pour des besoins autres que réglementaires avec le passage en zone d’exploitation) là où les mesures manuelles seraient longues ou dangereuses.
