Innovations
Mesure de flux en méthane
Les mesures de flux constituent une étude pouvant être considérée comme la deuxième étape, ou la suite, de la cartographie des émissions diffuses. Après avoir localisé les anomalies lors de la première étude, la mesure de flux permet d’estimer le flux en Nm³/h. Cette information est cruciale pour les exploitants, car elle fournit une estimation de la quantité de méthane perdu, aide à évaluer le taux de captage, et contribue à l’intégration des données au bilan carbone du site.
1) Contexte
En complément à la première manipulation de cartographie orientée sur les zones du site les plus impactées, une autre intervention est proposée. L’objectif de cette dernière est d’obtenir des éléments pour appréhender le quantitatif de biogaz présent, notamment sur les zones à anomalies précédemment décelées et localisées.
Le matériel utilisé sera de type laser méthane. L’utilisation de deux unités installées en parallèle sur un pied de pose permettra de manière exhaustive de couvrir toute la surface investiguée.
A l’issue, les flux obtenus sur les différentes zones seront extrapolés à l’ensemble du site pour obtenir une valeur indicative globale du moment.
2) Conditions météorologiques requises
Pour réaliser cette campagne, prévue sur une période de plusieurs jours sur site, des conditions météorologiques stables seront souhaitées. Par ailleurs, il sera privilégié d’effectuer les manipulations sur un sol sec avec des vitesses de vent faible. Une station météorologique est installée à proximité de la zone durant l’intervention. Elle permet de suivre la pression barométrique, la vitesse et la direction du vent, la pluviométrie et la température.
3) Détermination de l’implantation des plateformes
Définition de la plateforme : Emplacement dédié à recevoir des équipements et personnes organisés pour la mise en place des essais de détermination de flux.
Pour déterminer les plateformes, on sélectionne les anomalies les plus émettrices.
4) Mesures de Flux
En fonction des moyennes obtenues par le laser, une extrapolation est effectuée en reprenant les résultats des mesures effectuées sur un site témoin, qui après contrôle des caractéristiques d’une fuite avait pu fournir des valeurs de référence.
Ainsi, un ordre de grandeur de flux peut être estimé sur chaque plateforme.
Pour le reste du site, une extrapolation est réalisée en intégrant les résultats obtenus au laser. Dans un premier temps, à l’aide du marbré de couleur, une répartition du pourcentage est établie par gamme de concentration. En connaissant la surface du site ou de la zone, on obtient la surface pour chaque gamme de concentration.
Enfin, les plateformes sont affiliées en fonction de leur gamme de concentration par rapport à leur surface. Un facteur de dilution est appliqué pour les gammes de concentration plus faibles.
En résumé, cette méthode permet d’obtenir une indication du flux sur plusieurs plateformes qui sont ensuite extrapolées à l’aide du marbré de couleur qui lui est fait lors de la cartographie.
Pour l’estimation du flux total de biogaz, un classeur Excel est utilisé, structuré en colonnes permettant de visualiser et de calculer les données relatives à chaque zone définie par le découpage du site (cf. sectorisation du flux)
Un taux de captage est ensuite mesuré en fonction de la donnée du flux estimé et du biogaz qui est collecté par l’unité de valorisation de l’ISDND. Ce taux de captage n’est ainsi plus défini de manière théorique, mais repose sur une méthode prenant en compte les mesures issues des relevés de terrain.
Outils connectés
Dans le cadre de notre démarche d’innovation et de suivi en temps réel des installations, nous collaborons avec la société Risaer, créée en janvier 2024. Cette structure est spécialisée dans les solutions connectées. Risaer intervient sur la mise en œuvre de réseaux de communication LPWAN (Low Power Wide Area Network), l’intégration de capteurs connectés et le développement d’une plateformes web (Dashboard) de visualisation des données.
Cette collaboration permet d’équiper les ISDND ou toutes autres installations, de systèmes de mesure intelligents pour le suivi de paramètres clés (pression, température, qualité de l’air, etc.), en assurant une remontée des données automatisée et une consultation en temps réel. À ce jour, une vingtaine de centres ont été instrumentés, avec des interfaces web ergonomiques et sécurisées permettant un pilotage optimisé des installations. Cette solution répond pleinement aux enjeux de traçabilité, réactivité et conformité réglementaire.
L’objectif est d’installer des capteurs pour le suivi en continu de la qualité de l’air, notamment en CH4, H2S, ou tout autres composés, ainsi qu’une station météorologique et éventuellement des capteurs « process » (pression, dépression, débit, niveau, …) . L’ensemble des données est centralisé sur un tableau de bord (Dashboard), accessible en ligne, permettant une supervision globale et en temps réel de l’installation.
À noter que la solution permet également l’intégration d’équipements déjà en place (capteurs tiers, enregistreurs autonomes, etc.), afin de centraliser l’ensemble des mesures environnementales dans une seule et même application. Cette approche garantit une gestion simplifiée, réactive et conforme aux exigences réglementaires.
Pour plus de renseignement, vous pouvez visiter le site https://www.risaer.fr/ ou contacter Yann Burguière au 06.73.50.39.50 ou par mail : yburguiere@risaer.fr
Barrière de méthane : une surveillance continue des émanations
La mise en place d’une barrière de méthane consiste à installer un ou plusieurs capteurs mesurant en continu la concentration de méthane (CH4) en différents points stratégiques du site. Contrairement à la cartographie des émissions diffuses, qui repose sur des campagnes ponctuelles, cette solution permet un suivi permanent et réactif des émanations. Toutes les données sont transmises en temps réel vers un dashboard connecté développé par la société Risaer (voir section Outils connectés), assurant une supervision centralisée, accessible à distance.
Ce système permet d’agir immédiatement en cas d’anomalie. Par exemple, une augmentation brutale de la concentration de CH4 peut révéler une rupture de manchon de biogaz, une défaillance du réseau de captage, ou être liée à des travaux d’exploitation perturbant l’équilibre des flux. Grâce à l’historique des données, il est également possible d’analyser les tendances à long terme et d’optimiser le fonctionnement du site (réglages des dépressions, localisation de zones actives, etc.).
En complément, ce suivi permanent offre de nombreux bénéfices :
- Amélioration de la sécurité du site en prévenant tout risque d’accumulation dangereuse de gaz ;
- Réduction de l’empreinte environnementale, notamment via la limitation des émissions de gaz à effet de serre ;
- Justification facilitée auprès des autorités, avec une traçabilité complète des mesures et alertes ;
- Optimisation de la maintenance, en identifiant précisément les zones nécessitant une intervention ;
- Image environnementale renforcée, par une démarche proactive et responsable ;
- Interopérabilité totale avec les équipements déjà en place, centralisés dans un seul et même outil de gestion.
Cette approche assure une gestion précise, réactive et conforme aux exigences réglementaires en matière de suivi des émissions gazeuses sur les Isdnd.
